Le 26 juin dernier, l’Association des Directeurs Immobiliers (ADI) a réuni à Bordeaux une cinquantaine de professionnels de l’immobilier d’entreprise et d’acteurs publics autour d’un sujet central : l’attractivité des territoires pour les implantations tertiaires en France. Organisée en partenariat avec EY, Euroméditerranée et La Française REM, cette conférence s’inscrivait dans le cadre de la 3e édition du Baromètre des implantations tertiaires, dont un nouveau volet a été dévoilé à cette occasion.
Cette rencontre a été marquée par la richesse des échanges et la qualité des interventions de Florence Bertolacci, senior manager chez EY, Corinne Orsoni, directrice du développement économique à Euroméditerranée, Laurent Adrien, directeur asset management immobilier d’entreprise chez La Française REM, Thierry Decadt, Directeur de l’Immobilier à l’Université de Bordeaux, ainsi qu’Élodie Texier, enseignante-chercheuse à l’ESPI campus de Bordeaux et chercheuse associée au laboratoire RURALITÉS.
Les participants ont pu découvrir en avant-première les résultats actualisés de l’étude menée auprès de 282 décideurs immobiliers entre novembre 2024 et janvier 2025. Celle-ci met en lumière une tendance forte : entre 2022 et 2024, le Grand Ouest s’impose comme un poids lourd des implantations tertiaires en France. À lui seul, ce vaste territoire – englobant la Bretagne, les Pays de la Loire, la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie – concentre 45% des projets d’implantation ou d’extension tertiaire, soit 1 656 immeubles de bureaux sur un total national de 4 011. L’Occitanie arrive en tête des implantations avec 479 projets, suivie de la Bretagne (419), des Pays de la Loire (403) et de la Nouvelle-Aquitaine (355).
Cette dynamique régionale s’explique par plusieurs facteurs-clés qui orienteront durablement les stratégies d’implantation à horizon 2030. La première attente des décideurs concerne l’accessibilité du territoire. La proximité des transports – qu’il s’agisse du tramway, des métros ou des gares – est désormais considérée comme essentielle, reflet des nouvelles exigences des collaborateurs en matière de qualité de vie au travail. Le coût de l’immobilier arrive en deuxième position, dans un contexte économique marqué par des incertitudes et une pression accrue sur la rationalisation des espaces. Viennent ensuite la qualité du cadre de vie, la disponibilité des compétences sur le territoire, et enfin la qualité et la diversité de l’offre immobilière, qui reste un levier majeur d’attractivité.
Bordeaux a naturellement occupé une place centrale dans les discussions. Avec 191 projets recensés entre 2022 et 2024, la métropole girondine se classe cinquième au niveau national pour les implantations tertiaires régionales, juste derrière Lyon, Nantes, Rennes et Toulouse. Ce dynamisme local ne masque cependant pas les défis que la ville devra relever pour conserver sa position. Les dirigeants interrogés identifient notamment la saturation des infrastructures de transport, la cherté du logement, les difficultés de recrutement et une offre immobilière parfois jugée vieillissante ou inadaptée. Une majorité estime d’ailleurs que les bureaux régionaux doivent faire l’objet de rénovations pour répondre aux nouvelles attentes en termes de flexibilité et de performance.
L’un des autres enseignements majeurs de ce baromètre réside dans la montée en puissance d’Aix-Marseille. Longtemps considérée en retrait, la métropole méditerranéenne séduit de plus en plus les décideurs, grâce à son dynamisme économique et à l’amélioration continue de ses infrastructures. Avec 41% d’avis positifs sur son attractivité future, elle dépasse désormais Bordeaux, qui recueille 33% d’opinions favorables. Lyon reste en tête, suivi par Lille.
La conférence de Bordeaux a ainsi permis de mettre en perspective les nouveaux équilibres territoriaux en matière d’implantation tertiaire. Elle a également souligné la nécessité pour les métropoles de renforcer leur stratégie d’attractivité en misant sur l’innovation urbaine, la mobilité durable, la qualité de l’environnement de travail et l’adéquation de l’offre immobilière aux besoins réels des entreprises et de leurs collaborateurs.