13 février 2019

La ville souterraine est-elle la ville de demain ?

Territoires/Aménagement/Ville de demain

Retour sur le petit-déjeuner du 12 février dernier

Alors que plus de 70 % de la population mondiale vivra en milieu urbain en 2030, la conception des villes doit être repensée dans une approche respectueuse de l’équilibre entre les différents espaces naturels et bâtis. Les espaces souterrains urbains n’échappent pas à cette nécessité alors qu’ils sont devenus des champs pratiques d’exploration et d’application pour les architectes.

Révéler les dessous
C’est en se référant à l’enfer de Dante que Dominique Perrault, architecte DPA, invite à adopter une nouvelle « perception du dessous » urbain. Selon lui, les sous-sols de demain ne seront plus, comme souvent aujourd’hui, des lieux de déni ou d’exclusion. Mais plutôt des lieux de vie durables, nécessitant peu de chauffage, peu de climatisation et peu de ventilation. Dans ce travail de révélation du dessous mené par l’architecte, l’enjeu est de « mettre en relation l’épiderme de la planète et l’environnement d’une superstructure », considère le concepteur de la Bibliothèque nationale de France, dont deux-tiers de la surface a été bâtie en sous-sol au début des années 90.

Si le modèle souterrain existe depuis longtemps, l’exercice de construire dessous reste complexe. Il s’agit « de transformer l’infrastructure en architecture », selon l’architecte. En clair, utiliser le génie civil de l’infrastructure dans le domaine architectural. Au passage, faire évoluer les règlementations, parfois limitantes.

L’urbanité des dessous
Donner formes urbaines aux sous-sols connaît un certain engouement, comme en témoigne la deuxième édition de Réinventer Paris, mais, regrette Dominique Perrault, les connaissances demeurent encore insuffisantes et insuffisamment partagées. Ceux qui occupent l’espace aujourd’hui, le métro, les égouts et les parkings, vivent dans un monde autiste à reconsidérer. Pour éviter les échecs comme ceux connus avec les dalles parisiennes, les dessous doivent s’accorder avec le dessus, dans une mise en relation réfléchie, cohérente et répondant à des besoins. Le développement en souterrain des espaces de commerces et de services, des lieux de vie, exige ainsi le travail du lien dessus / dessous. Cet impératif a été un des fils rouges du projet Aérog’Art, lauréat de Réinventer Paris 2, par lequel Dominique Perrault entend réhabiliter la gare des Invalides en créant un pôle attractif tourné vers l’idée du voyage. Près de 6000 m2 seront aménagés en sous-sol pour « protéger le patrimoine tout en développant un système racinaire qui lui donne vie sans l’impacter ».

 

Le quartier dessous et dessus
Dans cette configuration de sous-sols urbains, en gage du bien-vivre, la lumière naturelle vient baigner l’espace souterrain et l’humain y a droit de cité. Ces deux concepts ont été développés dans le projet de Sogaris, l’Immeuble inversé, également lauréat de Réinventer Paris 2. Jonathan Sebbane, directeur général du spécialiste de la logistique urbaine, explique avoir travaillé sur « l’humanisation » de cet ancien parking automatisé (Grenier Saint-Lazare). « Le lien à la rue » est assuré par la transparence des premiers des six niveaux et par les usages proposés : une conciergerie avec accueil du public, confiée à un acteur de l’économie sociale et solidaire, un centre de services et de stockage déporté, dévolu aux commerçants et aux habitants du quartier et une salle polyvalente de 40 m2 ouverte aux associations. Et participe à la qualité du quartier.

Nathalie Levray, journaliste

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