Application plus stricte des accords en vigueur ou négociation de nouveaux termes un peu plus restrictifs : nombre de directions tentent de faire revenir davantage leurs salariés au bureau. Sans pour autant prendre à bail des surfaces supplémentaires.
Ce grand recul qui s’opère dans les entreprises
Le recul annoncé en juin sur le télétravail à la Société Générale a fait grand bruit. Le patron de la banque a fermement dénoncé l’accord signé en 2021 et a demandé à l’ensemble des salariés de revenir au bureau quatre jours par semaine. L’accord s’appliquera à compter de septembre 2026. Ce cas illustre la tendance de plus en plus forte des directions à vouloir serrer la vis sur les modalités de travail à distance depuis leur domicile pour les salariés.
Selon le conseil en immobilier d’entreprise JLL, le nombre de jours télétravaillés en France est passé, en un an, de 1,5 à 1,3 en moyenne. « Cette évolution peut paraître infime, mais on voit qu’on est en train de se diriger vers quatre jours de présence au bureau et un jour de télétravail », estime Flore Pradère, directrice de la recherche chez JLL France, au lieu de respectivement trois et deux jours post-Covid.
Les entreprises qui renonceraient au travail à distance risqueraient de le payer cher, alerte Gilles Gateau, directeur général de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec). « Cela les conduira à être moins attractives auprès des candidats et à enregistrer un plus grand turnover de leurs salariés », insiste-t-il. Selon lui, rester sur l’acquis des deux jours par semaine est la meilleure option. « Le télétravail plaît aux salariés et les entreprises y trouvent leur intérêt » – notamment parce que cela leur a permis de réduire leurs coûts en abaissant leurs surfaces de bureaux, note de son côté Frédéric Goupil de Bouillé, président de l’Association des directeurs immobiliers (ADI). Un argument économique non négligeable.
Article rédigé par Elsa Dicharry, Chloé Marriault