Décideurs Immo_Frédéric Ciuntu (ADI) analyse les mutations du marché tertiaire

2 Fév 2026 | Presse

Trois mois après son élection à la présidence de l’Association des Directeurs Immobiliers, Frédéric Ciuntu analyse les mutations du marché tertiaire : retour au bureau, fin du télétravail généralisé, transformation des espaces de travail… Le nouveau président de l’ADI décrypte les tendances qui redessinent l’immobilier d’entreprise.

    Décideurs. Trois mois après votre élection à la tête de l’ADI, comment analysez-vous l’évolution des besoins immobiliers des entreprises en matière de bureaux ?

    Frédéric Ciuntu. Les tendances observées ces trois dernières années n’ont pas fondamentalement changé. Le recul du télétravail dans les entreprises se poursuit, les directions souhaitant que les salariés reviennent au bureau. Toutes les entreprises s’y mettent progressivement, y compris celles qui avaient été très en pointe sur le télétravail. C’est une tendance mondiale, pas uniquement française. Les directions se sont rendues compte des conséquences du télétravail pour l’entreprise, mais surtout pour le collaborateur. Il peut se révéler contre-productif : il l’empêche d’être irrigué par les échanges avec les autres. Plus un collaborateur reste chez lui, moins il évolue dans l’entreprise. Ce n’est ni volontaire ni une sanction, mais il reste dans sa sphère de compétences, sans s’alimenter de ce que les autres peuvent lui apporter.

    Ce retour au bureau n’a pas d’incidences sur les surfaces, car le poste n’est plus affecté dans de nombreuses grandes entreprises. Ce n’est pas parce que le télétravail passe de deux ou trois jours par semaine à un seul qu’il y aura une répercussion sur le besoin de diminuer les mètres carrés. La majorité des directeurs immobiliers pensent que le poste non affecté ne sera pas remis en cause. La partie réservée aux bureaux physiques se stabilise. En revanche, la partie collaborative et services se développe. Le retour au bureau entraîne une volonté des entreprises de mettre les espaces au service du collaborateur. Avant le Covid, il fallait que le collaborateur soit aussi bien qu’à la maison. C’est là que des postes de travail fixes ont commencé à être supprimés : pourquoi fixer un collaborateur à la même place alors que chez lui, il peut travailler dans sa cuisine, son salon, sa chambre, assis sur un pouf ? […]

      « Aujourd’hui, il faut que le collaborateur soit mieux au travail qu’à la maison. »

      Reportage réalisé par Alexandre Hervaud

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